Norwegian Style : An anthology of Norwegian role-playing games.

J’en avais déjà parlé plus ou moins ici, mais je commence à regarder de plus en plus du côté de la Scandinavie pour voir ce qui s’y fait en matière de jdr. J’avais eu la bonne surprise d’essayer certains jeux mis à disposition en anglais sur ce site, et de leur trouver une saveur et une fraîcheur particulière. D’une certaine façon – et ce n’est sans doute pas sans raison – cela me rappelle l’enthousiasme que j’avais lors de mes premiers essais dans certaines variantes du jdr : murder,  semi-réel façon mascarade, etc…. Cela dit, cela reste quand même proche du jdr traditionnel et ne le remplacera sans doute pas non plus. Si j’osais, je dirais que cela a de commun avec le jdr indie us « courant » de ne pas hésiter à remettre en cause une partie de ce que nous prenons pour acquis, et donc d’innover, mais en ayant le bon goût de plus se concentrer sur le jeu que sur la façon de parler (ou de répartir le pouvoir, etc…) du jeu ou de le simuler. Bien sûr, la caricature est grossière…

J’étais donc tout content ce matin de recevoir dans ma boîte au lettre le livre édité par le site ci-dessus :  Norwegian Style : An anthology of Norwegian role-playing games. Comme il y a pas mal de choses très intéressantes dedans, et que je n’ai pas forcément envie de me précipiter à tout lire d’un trait, je vais sûrement faire plusieurs billets pour passer en revue son contenu.

La table des matières tout de même : :
- une introduction très intéressante par Even Tomte & Matthijs Holter;
- Fuck Youth, un “story game” par Matthijs Holter sur les souvenirs et les limites de la jeunesse ;
- It wasn’t me! , un “story game” par Lasse Lundin qui me plait particulièrement où les joueurs incarnent tous un suspect dans une affaire de meurtre dont on ignore qui est le coupable ;
- Until We Sink… un “role-playing game “ par Magnus Jakobsson dont j’avais déjà parlé sur tartofrez;
- Stoke – Birmingham 0-0, un “role-playing poem” par Tomas HV Morkrid sur des discussions de bar entre supporters après un match insipide dont il n’y a rien à dire ;
- Zombie Porn, un “role-playing game” par Matthijs Holter don’t le titre évocateur ne cachera pas le fait que je ne l’ai pas encore lu ;
- Wanderer, un “role-playing game” par Oivind Stengrundet ;
- The Father, un “role-playing game” par Erlend Sand Bruer où il est question de “tuer le père” dans tous les sens possibles du terme. Le plus dérangeant pour moi  ;
- Retrospect, un “role-playing poem” par Even Tomte sur des joueurs de GN en train de débriefer (sic !) ;
- Itra’s City, un supplément d’Ole Peder Giaever & Martin Bull Gudmundsen pour un jeu apparemment connu là-bas du nom d’Itras By;
- Pervo, un “role-playing game” par Tomas HV Morkrid dont l’alléchante description parle d’un meneur qui se vengerait de tous les joueurs et personnages qu’il a eu à divertir jusqu’alors ;
- Storyboard, un “story game” par Rune Valle ;
- New Voices in Art, un “chamber LARP” par Tor Kjetil Edland, Arvid Falch & Erling Rognli ;
- In the Belly of the Whale, un “story game” par Magnus Jakobsson ;
- The Trouble with Demons, un “role-playing game” dont j’attends vraiment beaucoup par Margrete Somerville. Sans doute celui que je vais lire en prochain ;
- Gun Smoke, un “story game” résolument western par Håken Lid. A conseiller à tous ceux qui comme moi ont été traumatise par les demos de Repos Production sur divers salons ;-) ;
- The New Middle Ages un “role-playing game” par Anders Nygaard ;
- Forgotten Memories, un “story game” by Håken Lid.

Soit 17 jeux sous différentes formes. Certains ne durant que quinze minutes, d’autres plusieurs heures.  D’ailleurs, si je me suis efforcé de garder les termes « roleplaying game », « story game », « roleplaying poem » et « chamber LARP », c’est parce que les auteurs du livre semblent en faire grand cas. Toujours est-il que c’est assez révélateur de pratiques différentes de celles dont nous avons l’habitude.

Si on reprend leurs définitions :
- roleplaying game : la forme traditionnelle ou chaque joueur contrôle un (au sens du chiffre) personnage et où le meneur sert d’arbitre et fournit opposition et de la matière à conflits ;
- story game : concentrent leur attention sur l’histoire elle-même, se servant des personnages comme outils pour créer un récit enthousiasmant. Souvent les fonctions traditionnelles du meneur et le pouvoir narratif sont répartis entre les joueurs ;
- roleplaying poem : généralement court, proches du GN et faits pour être joués en 15 minutes. Ils se concentrent généralement sur une expérience particulière plus que sur le récit ;
- chamber larp : en gros un GN court se jouant en quelques heures et limité à un espace « compact », voire une seule pièce (c’est pas une murder ça?).

Bon sincèrement, je ne suis pas sûr d’avoir compris quoi que ce soit à ces définitions, mais l’idée, c’est qu’on a des jeux qui se jouent avec ou sans meneur et sur des durées principalement de 15 minutes, d’environ une heure, ou de 2 ou 3 heures.

Concernant le contenu : le détail dans un prochain billet. A commencer par une introduction assez étonnante, expliquant finalement qu’on est pas tant que ça à plaindre niveau création en France, mais qu’eux par contre ont des concepteurs de jeux directement payés pour des commandes d’état. Et beh…

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